Comment faire un jardin potager naturel

Cela fait une dizaine d’année maintenant que j’ai commencé à faire mon petit jardin potager à la maison. J’ai testé différentes approches et je me suis beaucoup documentée autour de ce thème. Je me suis d’ailleurs dernièrement beaucoup intéressée à la permaculture. Et au fil des années, j’ai fait pas mal d’expériences et c’est ce que je voudrais partager avec vous aujourd’hui.

1. Première astuce : Récupérer ses propres graines

💡 Tout au long de l’année, il est facile de récupérer ses propres graines pour les planter l’année suivante. Et cela a plusieurs avantages !

Premièrement, vous allez récolter les graines de produits que vous consommez régulièrement. Cela vous donnera donc une indication précieuse lorsque vous vous poserez la question de quoi planter dans votre potager.

Deuxièmement, vous allez pouvoir choisir la qualité de vos plants. En prélevant vos graines sur vos légumes bio, de bonne qualité et sur les plus jolis que vous ayez sous la main, vous aurez des plantations bien plus satisfaisantes que si vous les choisissez dans un magasin sans connaître la provenance des graines.

Enfin, et pas des moindres, vous économiserez le prix des plants et vous pourrez en faire pousser autant que vous voulez !

Mes semis

Mes conseils

C’est une pratique qui vient finalement assez naturellement et qui est assez simple, mais à chacun son rythme ! Le principal étant de bien soigner le séchage et par la suite le stockage.

💡 Je vous conseille pour cela de recycler des petits pots en verre hermétiques, et de bien les étiqueter avec la variété des graines prélevées.

💡 Astuce en plus: Recyclez des rouleaux de papier toilette pour faire vos semis. Vous pourrez ensuite les mettre en terre directement!

2. Où et comment faire mon potager ?

L’emplacement et l’orientation de votre potager

Ce sont deux aspects essentiels à prendre en compte dès le début.

Si vous avez de l’espace comme nous, je vous conseille de tester plusieurs endroits. Vous pourriez être surpris de ce que certains emplacements pourront donner (ou non !). Et si vous repérez des orties qui poussent, ce sont des plantes bioindicatrices qui indiquent un sol riche en humus. C’est donc parfait pour vous lancer !

Pour indication, on dit qu’une exposition sud-sud-ouest est idéale, pour avoir un ensoleillement de 6 heures en moyenne (même si cela variera au fil des saisons). Commencez donc par bien observer l’espace, les plantes qui poussent naturellement et la rotation du soleil. L’observation est d’ailleurs une règle de base dans le jardinage, même si cela n’est pas toujours des plus facile à faire.

💡 Pensez aussi à prévoir l’eau à proximité et à le placer à proximité de la maison pour favoriser un entretien fréquent !

Si vous manquez de place et puisque l’espace de votre futur jardin vous sera certainement imposé par les contraintes environnementales, je vous conseille de commencer par préparer la terre si celle-ci n’est pas assez riche (en plantant de la moutarde par exemple – expérience à venir lol).

Le type de potager

Choisir le type de potager est aussi une étape importante. Je m’étais beaucoup documentée à l’époque où j’ai commencé sur le potager en carré et j’avais été séduite par les avantages : des cultures bien délimitées, plus accessibles, un désherbage plus facile et que j’ai trouvé pour ma part aussi plus ludique… Vous pouvez également en choisir la hauteur pour ne pas avoir à trop vous baisser pour jardiner.

Jardin en carré

Si vous faites ce choix, il vous faudra du bon bois (le bois de palette ne suffira pas) et une bonne stratégie pour le protéger. Le nôtre a fini par pourrir malgré les protections que nous avions tenté de mettre en place – mais cela a quand même tenu plusieurs années.

Cette année, nous avons décidé d’éliminer le bois pourri et d’agrandir la surface, en optant pour une disposition « classique » afin de nous permettre de mieux répartir nos plants et de faire une rotation de cultures plus facilement.

3. Choisir ses plants, organiser, planifier

Quels légumes voulez-vous planter ?

C’est la première question à vous poser ! Si vous débutez, inutile de voir trop grand et de vouloir mettre de tout ! Je vous conseille de commencer petit, avec quelques plants de plusieurs variétés et en fonction de ce que vous consommez le plus (cf. ma première astuce 😉).

Ensuite, il faut être réaliste. Même si je m’intéresse beaucoup à la permaculture, je ne pense pas qu’il soit possible de démarrer un potager en tant que jardinier-amateur et d’avoir rapidement un potager autonome. Il se passera probablement un certain temps avant d’en arriver là si cela est votre but. Et il vous faudra aussi y investir du temps, si vous souhaitez pouvoir nourrir votre famille avec.

Vivre AVEC la nature

Le rythme des saisons

Et il est bien entendu que lorsque l’on jardine, on vit avec le rythme des saisons : on apprendra ainsi à consommer davantage de produits de saison (et vous savez que c’est un des principes alimentaires que j’essaye de suivre). Une serre pourra toutefois vous aider à produire sur des périodes plus larges. C’est sans doute l’une de mes prochaines étapes. A vous de voir où vous en êtes de votre évolution de jardinier amateur !

💡 Une chose est sûre, il faudra toujours commencer par réfléchir son potager avant d’agir. Et le réfléchir vaut non seulement pour ce que l’on choisit d’y planter, mais aussi pour l’endroit où on le plante. Je m’explique…

La rotation des cultures

En dehors de l’emplacement de votre potager dans l’espace extérieur, il est conseillé de pratiquer la rotation des cultures pour avoir un potager productif et en bonne santé. En effet, le fait de ne pas replanter un légume au même endroit d’une année sur l’autre permet d’éviter l’épuisement du sol et de limiter les maladies.

💡 Vous pouvez grossièrement diviser votre espace en 4 parcelles sur lesquelles vous tournerez d’une année sur l’autre :

  • Parcelle 1 : les légumes-fruits (tomates, courgettes, poivrons, aubergines…) – Il est très facile de récupérer leurs graines pour les replanter ailleurs l’année suivante.
  • Parcelle 2 : les légumes-racines (pommes de terre, patates douce, betteraves, carottes, radis, navets, panais, ail, oignon…) – Pour récupérer des graines, laissez-les monter en fleurs.
  • Parcelle 3 : les légumineuses (haricots, pois, fèves…) – Laissez les gousses sécher sur le pied, puis la tête en bas à l’abris, avant de récolter les graines.
  • Parcelle 4 : les légumes-feuilles (salades, épinards, mâche, poireaux, choux…) – Récolter les graines en laissant monter les salades.

On a tendance au début à ne cultiver que des légumes-fruits et à les replanter d’année en année au même endroit – c’était mon cas en tout cas au début. Mais vous verrez qu’apporter toute cette variété sera riche pour vous et pour la terre de votre jardin. A titre d’exemple, les légumineuses produisent beaucoup d’azote et les légumes-feuilles plantés l’année suivante consommeront ce surplus d’azote apportant ainsi un parfait équilibre à la terre.

4. Les bonnes associations, quoi planter ensemble

En dehors de la rotation des cultures, vous pouvez aussi favoriser certaines associations, bénéfiques pour vos plantations. J’ai travaillé selon ce principe cette année et j’ai donc par exemple associé des légumes-racines avec des légumineuses, ajouté des fleurs dans mon jardin, semé des carottes, radis et aromates au pied de mes tomates…

Faire son plan de jardin

Cela demande une véritable planification, au sens littéral du terme !

Mon plan de jardin 😉

💡 Je vous conseille de dessiner grossièrement l’espace à l’échelle sur une feuille de papier. Placez ensuite vos plantes vivaces si vous en avez. Puis découpez en « parcelles ». Puis positionnez vos plants en respectant l’espacement dont ils ont besoin entre chaque pied. Vous pouvez ensuite réfléchir aux bonnes et mauvaises associations, en gardant en tête le type de légumes que vous planterez dans cette parcelle l’année suivante. Et gardez-vous un petit coin pour des fleurs qui attirent les polinisateurs si vous avez la place et des fleurs comestibles 😉

Quelques exemples de bonnes associations

  • Au pied des tomates, plantez des aromates et des légumes-racines (en évitant les pommes de terre et les betteraves).
  • Semez les carottes avec les radis : la différence de rapidité de croissance des uns permettra de préparer la place pour les autres.
  • Eloignez les courges des pommes de terre et des radis mais rapprochez-les des melons et laitues.
  • Les choux se marient bien entre eux, ainsi qu’avec la plupart des légumes-racines sauf les radis.
  • Les aubergines s’associent bien avec les légumineuses mais pas avec les légumes racines.
  • Le poireau est à éloigner des choux et des légumineuses.
  • Etc.

Il n’est pas nécessaire de tout connaître (et je ne suis moi-même pas une spécialiste, je fais mes expériences), mais ces quelques grandes lignes devraient vous aider à démarrer en vous amusant. Pour la suite, on apprend en faisant !

Pensez aux fleurs !

Pied de courge et œillet d’Inde

D’une part, certaines pourront également venir agrémenter votre assiette ! Pour en savoir plus à ce sujet, je vous invite à lire mon article sur les fleurs comestibles.

D’autres part, elles sont utiles au jardin !

  • Le souci (ou calendula) est une fleur comestible qui éloigne les pucerons.
  • L’œillet d’Inde est l’autre star du potager. Comestible, il empêche les nématodes de grandir (ces gros vers qui sont réputés faire de gros dégâts dans les potagers).
  • La bourrache (qui est comestible – fleurs et feuilles – et se ressème toute seule) semble éloigner les limaces et les escargots.

C’est le trio parfait ! Ajoutez-y de la lavande qui attire les insectes polinisateurs et vous vous offrirez quelques comestibles en plus !

  • La capucine attire les pucerons mais devra alors être traitée pour que ceux-ci ne s’en aillent pas visiter vos plants juste à côté. C’est d’ailleurs dommage de la traiter car elle est comestible. Je la plante donc pour ma part à distance du potager.

5. Moi je vis en appartement, comment faire un potager ?

Il y en aurait des choses à dire à ce sujet ! Nous allons faire simple pour aujourd’hui. De nombreuses plantes peuvent être cultivées en pots (voire en bouteille lol). Mis à part quelques exceptions, il vous faudra tout de même les installer sur un balcon pour leur offrir grand air et soleil. Voici quelques conseils pour démarrer.

Thym en pot

Les aromates en conserve

Un petit « jardin » de plantes aromatiques dans votre cuisine ? Bien sûr c’est possible ! Il vous suffit de récupérer des branches de menthe, thym, estragon, basilic… Faites-les raciner dans l’eau puis replantez-les en terre dans des pots, ou pourquoi pas en recyclant des boîtes de conserves.

Les tomates en bouteille

Vous pouvez faire pousser des tomates en pot bien sûr. Les tomates cerise seront idéales pour se développer dans des pots. Mais vous pouvez aussi suspendre des bouteilles à l’envers : le pied poussera à l’envers (si, si, en vrai !).

Passez la tête par l’ouverture de la bouteille, protégez la base du pied avec un chiffon pour ne pas que l’eau coule et remplissez de terre. Il faudra aux pieds de tomate du soleil et un apport régulier de compost pour avoir les nutriments nécessaires à leur croissance.

Une farandole de fraises

Les fraises, ça se plante à peu près partout ! Dans des palettes, des gouttières, des pots suspendus… Elles demandent du soleil, très peu de terre et d’espace, et se développent toutes seules grâce à leurs stolons (ces parties aériennes qui grandissent et se replantent à côté). Alors à votre imagination pour leur trouver le nid idéal !

Fraises en palette

Jardinière de légumes

Les radis et les carottes n’ont besoin que de peu d’espace pour pousser. Ils s’épanouiront donc parfaitement en jardinière avec un bon terreau souple. Prévoyez suffisamment de profondeur.

L’ail et l’oignon nouveau s’y plairont aussi. Et il en est de même pour les haricots nains ou les concombres qui grandiront le long d’un mur ou sur un treillis.

De jolis pots tous ronds

La salade, laitue ou autre, pousse très bien dans des pots. Prévoyez-le assez large et peu profond et laissez suffisamment d’espace entre chaque pied. C’est le cas également des épinards, qui se sèment à la volée. Prévoyez donc un grand pot et choisissez un endroit un peu ombragé.

Une explosion de couleurs en pots

Aubergines, poivrons, choux, courgettes, rhubarbe… De nombreux légumes peuvent se plaire sur un balcon ! Et les fleurs aussi ! Une seule question reste : quelle est la taille de votre balcon ? 😉

Et vous, quel potager faites-vous ? Qu’avez-vous planté cette année ? Peut-être n’en avez-vous pas encore fait… C’est le moment d’y réfléchir et de commencer vos expériences !

Dites-moi en commentaire si vous aimeriez que je partage plus d’idées ou astuces dans ce genre ! Mon objectif est de créer un contenu au plus proche de vos besoins !

Partagez si vous aimez!
Articles qui pourraient vous intéresser
No related posts for this content
Click Here to Leave a Comment Below 0 comments